Ainsi, les matériaux biosourcés RE2020 — bois, chanvre et paille — s’imposent comme la réponse la plus rationnelle aux nouvelles exigences carbone de la construction neuve. La Réglementation Environnementale 2020 a introduit des seuils d’impact carbone (Ic construction) si exigeants qu’ils rendent le biosourcé non plus militant, mais économiquement inévitable. Le secteur du bâtiment rep

Sommaire

RE2020 et matériaux biosourcés : le déclencheur réglementaire d’une bascule

Les seuils carbone Ic construction qui changent tout

Ainsi, l’indicateur Ic construction mesure l’empreinte carbone de l’ensemble des matériaux sur la durée de vie du bâtiment, exprimée en kgCO₂eq/m² de surface de plancher. Les seuils pour les maisons individuelles :

Ainsi, pour les logements collectifs, les plafonds passent de 650 à 580 puis à 490 kgCO₂eq/m² sur les mêmes échéances. Chaque palier représente une contraction de 10 à 15 % supplémentaires, pour une réduction totale de 35 à 40 % entre 2022 et 2031.

Ainsi, la méthode retenue est une ACV dynamique pondérée dans le temps. Elle pénalise les émissions immédiates lors de la fabrication et atténue celles différées dans le temps. Un coefficient réducteur d’environ 0,56 s’applique aux émissions à l’horizon de 50 ans — ce mécanisme introduit un biais délibéré en faveur des matériaux biosourcés.

Ainsi, retrouvez notre guide sur les exigences RE2020 appliquées aux menuiseries pour mesurer l’impact sur vos choix constructifs.

Le carbone biogénique, avantage compétitif des matériaux végétaux

Ainsi, le carbone biogénique est capté par photosynthèse pendant la croissance des végétaux. Transformé en matériau de construction, il reste séquestré tout au long de la vie du bâtiment. L’ACV dynamique RE2020 traduit ce mécanisme en valeur comptable : un matériau biosourcé crédite l’Ic construction d’un stock carbone négatif.

Ainsi, la laine de chanvre affiche un bilan carbone d’environ -34 kgCO₂eq/m² intégré sur sa durée de vie. Sur une enveloppe de 100 m², cela représente plus de 3 tonnes de CO₂ déduites de l’Ic construction. Une paroi ossature bois présente un impact carbone 30 à 70 fois inférieur à son équivalent en béton armé.

Le label Bâtiment biosourcé et les leviers incitatifs

Révisé par l’arrêté du 2 juillet 2024, le label Bâtiment biosourcé définit ainsi trois niveaux fondés sur la quantité de carbone biogénique stocké :

Ce label s’articule directement avec l’indicateur Stock C de la RE2020. Certaines collectivités conditionnent désormais leurs aides à l’atteinte d’au moins un niveau de ce label.

Le bois, locomotive industrielle de la construction biosourcée

Maison à ossature bois et chanvre conforme aux normes RE2020 2025

Ossature bois, CLT et charpente : les usages structurels dominants

Le bois est la seule filière biosourcée à avoir atteint une maturité industrielle suffisante pour peser sur les statistiques nationales. Il représente environ 10 % des maisons individuelles neuves en France, dont 85 % en ossature bois (MOB). Dans le non-résidentiel, sa part progresse encore plus vite.

Nos menuiseries en bois conformes RE2020 s’intègrent parfaitement dans ces systèmes constructifs, contribuant à la performance thermique et au bilan carbone global du projet.

Atouts et limites du bois face à la RE2020

L’avantage carbone du bois est considérable : empreinte de fabrication très faible, puits carbone de longue durée, légèreté cinq fois inférieure au béton. Les limites sont réelles :

Coûts, délais et industrialisation hors-site

L’ossature bois reste plus chère à l’achat qu’une construction maçonnerie, mais le hors-site comprime fortement les délais de chantier : une maison MOB peut être hors d’eau hors d’air en quelques semaines. Le CLT (surcoût de 10 à 20 % vs MOB) s’amortit sur la réduction du temps de montage et la suppression de finitions lourdes.

Le chanvre, isolant champion de la performance hygrothermique

Béton de chanvre, laine de chanvre, panneaux : un éventail de solutions

Le chanvre se présente sous plusieurs formes :

Performances thermiques, acoustiques et confort d’été

La conductivité thermique de la laine de chanvre se situe entre 0,038 et 0,042 W/m·K, comparable aux meilleurs isolants synthétiques. Son vrai différenciateur est le comportement hygrothermique global.

Le déphasage thermique atteint 8 à 12 heures pour une paroi en chanvre, contre environ 4 heures pour la laine de verre. Dans un contexte de réchauffement climatique, les bâtiments en chanvre restent frais le jour sans climatisation — un atout qui dépasse la simple performance réglementaire.

Sur le plan acoustique, la masse volumique élevée du béton de chanvre (250 à 500 kg/m³) lui confère une bonne isolation aux bruits aériens.

Une filière agricole française en plein essor

La France est le premier producteur européen de chanvre industriel, bien implantée dans le Centre, les Pays de la Loire et la Champagne-Ardenne. La chènevotte est un sous-produit de la filière textile et graine, ce qui réduit son empreinte foncière. La demande en matériaux biosourcés a progressé de 25 % en un an selon les acteurs de la filière — dynamique clairement accélérée par la RE2020.

La paille, matériau low-tech à fort potentiel décarboné

Maison en paille chanvre et bois conforme RE2020 en 2025

Techniques constructives validées : GREB, CST, caissons préfabriqués

Depuis 2011, les Règles Professionnelles de la Construction en Paille (RP Paille) du RFCP encadrent rigoureusement les techniques. Le réseau revendique plus de 10 000 bâtiments en paille en France et plus de 500 nouveaux projets par an.

Bilan carbone exceptionnel et coût matière imbattable

Coproduit de la récolte des céréales (blé, seigle, triticale), la paille ne nécessite ni fertilisants dédiés ni énergie de production spécifique. Son bilan carbone de fabrication est quasiment nul sur le plan industriel, et très fortement négatif en intégrant le stockage biogénique. En ACV dynamique RE2020, la paille présente l’un des impacts Ic construction les plus favorables de tous les matériaux isolants disponibles.

Le coût matière est très faible — quelques euros par tonne en vrac auprès des agriculteurs. L’essentiel du budget repose sur la main-d’œuvre et l’ossature bois porteuse.

Freins persistants : assurance, perception et formation

Le projet POP2030 du RFCP, lauréat de l’appel à projets France 2030, vise précisément à lever ce verrou assurantiel d’ici 2030.

Comparatif technique et économique des trois filières biosourcées

Tableau comparatif bois, chanvre et paille

Critère Bois (ossature) Chanvre (laine/béton) Paille (bottes/caissons)
Conductivité thermique λ 0,040-0,060 W/m·K 0,038-0,042 W/m·K 0,052-0,080 W/m·K
Déphasage thermique 6-10 h 8-12 h 8-10 h
Bilan carbone (fabrication) Négatif à neutre Négatif (-34 kgCO₂eq/m²) Très négatif
Disponibilité industrielle Élevée Moyenne à élevée Limitée à moyenne
Coût matière Moyen à élevé Moyen Très faible
Assurabilité décennale Aisée Aisée Complexe mais possible
Maturité réglementaire Complète (DTU, Eurocodes) Bonne (FDES validées) Partielle (RP Paille)
Industrialisation hors-site Très développée En développement En cours (caissons)

Quelle combinaison pour quel projet ?

Les trois filières ne s’opposent pas : elles se combinent. L’ossature bois constitue souvent le squelette structurel, tandis que le chanvre ou la paille remplissent l’isolation. C’est la configuration la plus fréquente : structure poteau-poutre ou MOB, remplie de béton de chanvre ou de bottes de paille, enduite à la chaux. Pour les immeubles collectifs, le CLT permet d’aller plus haut et plus vite.

Retours d’expérience et chantiers de référence

La construction biosourcée a gagné ses lettres de noblesse dans l’équipement public. Le lycée Jean Moulin de Revin, les logements collectifs en paille de La Riche (Indre-et-Loire) et les bâtiments universitaires en CLT en région parisienne attestent que la performance biosourcée n’est plus une promesse expérimentale.

Les freins à la massification et les leviers pour les lever

Disponibilité des ressources et tensions d’approvisionnement

La filière française peut produire environ 60 millions de m² de matériaux biosourcés par an (288 000 tonnes) — insuffisant pour couvrir la totalité du parc de construction neuve si les seuils 2028 et 2031 accélèrent la demande comme anticipé. En revanche, les scieries investissent, la production de chènevotte s’étend et la logistique paille s’organise progressivement.

Assurabilité, normalisation et culture professionnelle

L’absence de DTU pour certaines techniques force chaque projet à passer par des avis techniques (ATec) ou des ATEx — procédures coûteuses et chronophages. La culture professionnelle est peut-être le frein le plus structurant : architectes, bureaux d’études et artisans formés aux matériaux biosourcés restent largement minoritaires.

Coût global, financement et politiques publiques

Le surcoût immédiat varie entre 5 et 10 % du coût de construction (90 à 150 €/m²) pour atteindre les seuils RE2020 2025. Il peut être partiellement compensé par :

De plus, le coût global sur 50 ans est souvent favorable au biosourcé : moindres besoins en climatisation, entretien réduit et valorisation à la revente d’un patrimoine bas carbone.

Perspectives 2028-2031 : vers une généralisation des matériaux biosourcés ?

L’effet ciseau des seuils 2028 et 2031

Les seuils de 2031 — avec une contraction de 30 à 40 % par rapport au niveau initial — vont rendre économiquement intenable toute construction neuve ignorant le biosourcé. Un plafond de 415 kgCO₂eq/m² en maison individuelle ne se respecte quasiment pas sans incorporation significative de matériaux stockeurs de carbone.

L’effet ciseau illustre la situation : d’un côté, les seuils se resserrent inexorablement ; de l’autre, les coûts des filières biosourcées baissent à mesure que les volumes augmentent. Le point de croisement approche.

Hybridation, mixité et innovation matériau

La construction de demain sera mixte : béton pour les fondations, bois pour les planchers et façades, chanvre ou paille pour l’isolation, chaux pour les enduits. Par conséquent, des innovations matériaux viennent élargir la palette : bétons bas carbone aux granulats de chanvre ou liège, isolants à base de miscanthus ou rafle de maïs, panneaux de paille compressée acoustiques. Le CSTB, l’ADEME et le FCBA accompagnent ces innovations par des travaux de qualification.

Vers une nouvelle culture architecturale française

Les matériaux végétaux imposent une approche bioclimatique plus rigoureuse : orientation, débords de toiture, gestion des points singuliers. Ainsi, les architectes qui s’y forment développent un vocabulaire constructif renouvelé — murs épais, intérieurs aux textures naturelles, détails soignés aux raccords avec les menuiseries. Cette mutation culturelle est peut-être le legs le plus durable de la RE2020.

FAQ — Matériaux biosourcés et RE2020

La RE2020 impose-t-elle l’usage de matériaux biosourcés ?

Non. La RE2020 fixe des seuils d’impact carbone (Ic construction) que les concepteurs doivent respecter, quel que soit le moyen choisi. En pratique, les matériaux biosourcés sont souvent le levier le plus simple et le plus économique, notamment grâce à leur bilan carbone négatif dans l’ACV dynamique.

Quel matériau biosourcé offre le meilleur rapport performance/prix ?

La paille dispose du meilleur coût matière (quasi nul en vrac), mais implique une mise en œuvre spécialisée. La laine de chanvre offre le rapport le plus équilibré entre disponibilité industrielle, performance hygrothermique et coût total posé. Le bois est incontournable pour la structure.

Une maison en paille est-elle assurable en 2025 ?

Oui, mais la démarche est plus exigeante qu’en construction conventionnelle. Des assureurs proposent des polices décennales couvrant les constructions réalisées selon les RP Paille du RFCP, sous réserve que les entreprises justifient d’une formation reconnue. Le projet POP2030 vise à lever ce verrou d’ici 2030.

Le bois utilisé en construction provient-il majoritairement de France ?

Pas encore systématiquement. Une partie significative des bois d’ossature est importée de Scandinavie ou d’Europe centrale, en raison de la capacité limitée des scieries françaises. Développer la transformation locale est l’un des défis majeurs de la filière.

Le béton de chanvre est-il un matériau porteur ?

Non. Le béton de chanvre n’est pas un matériau de structure : il ne reprend pas les charges de compression ou de flexion d’un bâtiment. Coulé autour d’une ossature bois porteuse, ses propriétés isolantes et régulatrices d’humidité en font un matériau de remplissage particulièrement performant.

Conclusion

La RE2020 ne décrète pas le biosourcé, mais rend mathématiquement coûteux de ne pas y recourir. En fixant des seuils carbone progressivement resserrés jusqu’en 2031, elle place bois, chanvre et paille sur la trajectoire la plus rationnelle pour décarboner le secteur bâtiment. En résumé :

Pour votre projet de construction neuve, mandatez un bureau d’études thermiques RE2020 capable d’intégrer les matériaux biosourcés dans la simulation ACV dès les premières phases de conception. Contactez notre équipe WindowRama pour découvrir comment nos menuiseries en bois s’intègrent dans votre projet biosourcé et contribuent à l’atteinte de vos seuils carbone RE2020.

Sources

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